210                       Les Spectacles de la Foire.
En 1779, il fit représenter, à propos de la prise de Grenade, une pièce de sa composition, intitulée : Veni, vidi, vici, et dans la­quelle il remplissait le rôle du héros, le comte d'Estaing. Ce der­nier, alors malade, n'assista pas à la représentation, et Parisau, qui s'était rendu chez lui pour lui présenter ses hommages, n'ayant pu le voir, lui laissa en guise de carte de visite les vers qui sui­vent :
Foin de votre portier mauffade ! Brave d'Eftaing ; je crois qu'il faut Dans votre hôtel entrer d'affaut, Ainfi que vous à la Grenade. Je fuis jaloux de voir vos traits, J'accours en hâte, et l'on me chaffe. Les Anglois vous ont vu de près, Accordez-moi la même grâce. C'eft moi qui tous les jours du mois, Auteur, acteur tout à la fois, Aux yeux des dames amufées Mets la Grenade fous mes loix Avec du guet et des fufées.                       (
Nous recueillons pareillement Un très-jufte tribut d'éloges ; Nous avons l'applaudiffement Vous de l'Europe et moi des loges. Ainfi donc daignez recevoir Mon foible, mais fincère hommage; Daignez confentir à me voir, Car enfin je voudrois favoir Comment j'ai faifi votre-imagc. ,                Si l'on attaque mon maintien
Et le langage de mon zele, Votre copifte ett infidèle ; C'eft ma faute, car je fais bien Que rien ne.manque à mon modèle.
Malgré le succès obtenu par cette pièce, à laquelle assista un soir le fameux Paul Jones, Parisau, qui menait une vie désordonnée, fut bientôt assailli par une nuée de créanciers, et forcé de renon­cer à la direction du spectacle des Élèves de l'Opéra. Le Chroni­queur désœuvré a donné à ce -propos quelques détails intéressants